La relation individu/cheval comme méthode d'accompagnement

 

La relation individu/cheval est un "outil", une ressource possible pour accompagner un individu en souffrance psychique au travail.

L'être humain est :

  • un prédateur
  • doté de capacités cognitives très élaborées (pensée, langage, reconnaissance, etc.)
  • associé à un territoire

 

Le cheval est :

  • un animal de proie, qui vit dans un monde sensoriel différent du nôtre
  • très émotif et sensible
  • nomade, non associé à un territoire

Equicoaching

 

La relation individu/cheval est source d'une dynamique où le cheval se comporte en MIROIR de l'individu. La relation individu/cheval est :

  • révélatrice des émotions profondes de l'individu
  • source d'un échange dans l'ici et maintenant
  • sans jugement de valeur morale sur l'individu, sans argent

Un film français grand public, illustre bien les fondements de la relation individu/cheval : "Danse avec lui" avec Mathilde Seigner et Sami Frey sorti en France en 2007. Nous retenons une scène particulièrement représentative où ce dernier dit à Mathidle Seigner "Avec les chevaux on ne peut pas mentir. Il faut accepter d'être mis à nu".

 

L'accompagnement facilité par la relation individu/cheval est accessible à toute personne, valide et non allergique aux poils de chevaux. Vous pouvez être familier ou non des chevaux, indifférent à eux, en avoir peur, cavalier confirmé, etc.
L'accompagnement se déroule au travers de nombreuses mises en situation. Chacune des mises en situation est conçue d'une façon personnalisée. Par ailleurs une des premières séances, porte par défaut sur deux aspects qui nous semblent fondamentaux au travail : la relation à autrui (quelque soit notre métier nous travaillons toujours avec et pour les autres) et le faire faire à autrui (le travail nécessite de faire faire quelquechose à un client, un élève, un collaborateur, etc.). Elles ont lieu dans un espace clôturé circulaire d'environ 20m de diamètre (appelé rond de longe), couvert ou en plein air, avec un cheval en liberté, sans harnachement et vous à pied.

 

Souffrance au travail

 

Ce type d'accompagnement est synonyme d'une approche de l'individu dans sa globalité, prenant en compte son esprit, son coeur et son corps. Ce type d'accompagnement sort du cadre au sens propre (interaction avec un animal de proie vivant dans un autre monde sensoriel que nous; dans un lieu autre que l'entreprise; dans une tenue différente de celle de notre quotidien professionnel, etc.) et figuré. Tout ceci génère une grande efficacité de la méthode.

Cette méthode développe chez l'individu sa capacité à coopérer. L'individu interagit avec le cheval d'égal à égal (ceci car notamment il est à pied). Aucun rapport de domination existe dans cette méthode de l'individu envers le cheval. De retour dans l'entreprise cela se fera avec les pairs, etc.

Cette coopération, qui a pas, plus ou trop peu de place dans l'entreprise, est prônée par Christophe Dejours. Enseignant-chercheur au Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM) de Paris, il est psychiatre, psychanalyste et directeur du Laboratoire de psychologie du travail et de l'action. Christophe Dejours est l'auteur notamment de "Souffrance en France", "Le travail vivant" et "Travail, usure mentale".

Dans son dernier livre de septembre 2012 "La panne : Repenser le travail et changer la vie", il préconise fortement de ré-installer la coopération dans l'entreprise (trop marquée aujourd'hui par des rapports de domination). Il écrit "[...] nous sommes dans un moment charnière, d'extrême domination d'un côté, imposée par les méthodes gestionnaires comme l'évaluation individuelle des performances qui a détruit toute solidarité et a plongé les travailleurs dans une solitude terrible".

En février 2011 dans un article du journal le Monde il énonçait : "[...] Parmi les outils de gestion, on a montré que le plus délétère de tous pour la santé mentale est l'évaluation individualisée des performances. Couplée à la menace sur l'emploi, cette méthode d'évaluation se mute en management par la menace. Elle introduit la peur comme méthode de gouvernement, et elle monte tous les travailleurs les uns contre les autres, déstructurant ainsi les solidarités et le vivre-ensemble. La solitude et la désolation se sont abattues sur le monde du travail, aboutissant à une détérioration tellement profonde des relations de travail que certains finissent par se suicider sur les lieux mêmes de leur activité".